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    Le monde a connu ces derniers mois des scènes de violence qui ont marqué l’opinion publique, tant dans notre pays qu’à l’étranger. La question de la légitimité de la violence revient ainsi au premier plan, qu’on parle des violences répressives ou des violences contestataires. A-t-on le droit d’être violent, pour endiguer le désordre ou pour remettre en cause l’injustice de l’ordre établi ? Et, surtout, quelle signification symbolique donner à la violence en contexte insurrectionnel ou quasi insurrectionnel ? C’est à ces questions que s’efforce de répondre Falk van Gaver.


     

    Dans un accès ironiquement inconscient de lucidité politique, M. Emmanuel Macron a déclaré vouloir en finir avec la « démocratie de l’émeute »[1]. « Démocratie de l’émeute » : comment mieux qualifier les « Actes » des Gilets Jaunes

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    , rassemblements politiques populaires hebdomadaires avec une dimension émeutière quasi ritualisée ? Car quand la démocratie est confisquée par l’oligarchie, le rassemblement et la confrontation ne deviennent-ils pas une expression politique populaire, voire une expérience de démocratie directe ?

    La frustration démocratique conduit à l’émeute.

    A qui en doute encore, rappelons combien, avant d’être antisocialiste ou anticommuniste, le libéralisme est un mouvement sociopolitique et philosophique antipopulaire, antidémocratique et censitaire. C’est-à-dire l’expression politique et philosophique, idéologique, d’une certaine société, d’une certaine classe sociale : grosso modo la bourgeoisie, les possédants, les élites, les nantis, les grands propriétaires, les capitalistes. Rappelons aussi combien l’alliance moderne du libéralisme et de la démocratie sous la forme de la démocratie libérale n’allait pas de soi. Et rappelons encore combien ce compromis bancal de la démocratie représentative n’est qu’une représentation de la démocratie confisquée par quelques compagnies théâtrales oligarchiques et une troupe d’acteurs professionnels que sont les politiciens et leurs épigones médiatiques. L’analyse sans concession et sans compromission, mais sans exagération non plus, que livre François Dupui-Déri, professeur de science politique à l’université du Québec à Montréal, dans un livre récent (La peur du peuple[2]), nous éclaire sur l’antipopulisme consubstantiel des élites. Ce qui ne les empêche pas de recourir quand il le faut à la démagogie que l’on confond à tort avec le populisme ou parti du peuple. Confusion structurelle si ce n’est intentionnelle dont l’élection de Donald Trump fournit encore à l’envi une illustration frappante.

    La peur du peuple, c’est cette agoraphobie foncière des classes dominantes qui tentent par tous les moyens, même légaux, de disqualifier les capacités politiques du peuple.

    La peur du peuple, c’est cette agoraphobie foncière des classes dominantes qui tentent par tous les moyens, même légaux, de disqualifier les capacités politiques du peuple, qui doit toujours être représenté pour être accepté – c’est-à-dire, finalement, mis sous tutelle, considéré, comme la femme jadis, comme éternel mineur ou gros animal. Et cela conduit à disqualifier toute possibilité de démocratie réelle, directe, qui fait aujourd’hui comme hier la grande peur des dirigeants.

    Or, comme l’a bien relevé Dupui-Déri dans un autre ouvrage (Les black blocs[3]) qu’il convient de lire pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui en France ou ailleurs – on pense à l’Algérie –, si la démocratie, c’est le peuple assemblé, dans le sens où l’assemblée même constitue le peuple comme tel, comme peuple politique, comme démocratie, lorsque la démocratie réelle est empêchée par la représentation même qui prétend l’exprimer, alors le peuple se fait plèbe, ou est réduit à la plèbe qui s’exprime par l’émeute. L’émeute, c’est l’expression politique du peuple lorsqu’il est empêché d’être peuple.

    Violence légitime et violence illégitime ?

    Alors que la privatisation des terres et des ressources de par le monde poursuit son cours, jetant année après année des dizaines de millions de personnes hors de leurs foyers et de leurs champs en faveur de multinationales privées, avec la participation active, juridique et policière, des institutions publiques et étatiques, alors que la militarisation de la répression des contestations permet le développement d’un véritable marché sécuritaire, alors que la marchandisation de tous les aspects de l’existence fait de nos vies des étouffoirs climatisés, les politiciens et les éditorialistes s’excitent régulièrement sur les « émeutiers » et autres « casseurs » (hier « Black Blocs », aujourd’hui « Yellow Blocs » ?) – desquels les manifestants lambda sont sommés, par les autorités, les médias et autres voix autorisées, de se démarquer. Démarquons-nous cependant de ce chœur de condamnations pour essayer de décrire et comprendre le phénomène émeutier. Non ridere, nec lugere, neque detestari, sed intelligereMétropolitaine OuvrésPort Gratuit De Et Gina Reality Blanc3 Intérieur Jours France MoyenÀ Délai Lampadaire Belgique Livraison Dès 100 LumièresModerne 6 Aj5Lq34R : comme Baruch de Spinoza nous y invite, « ne pas rire, ni déplorer, ni haïr, mais comprendre »[4].

    Ce n’est pas entre violence et non-violence que passe la grande différence, mais entre avoir ou ne pas avoir le goût du pouvoir.

    Avant tout, les émeutiers ne sont ni des « sauvageons » ni des « vandales », des « extrémistes » ou des « marginaux », et encore moins des « terroristes » : si certains sont des radicaux, certes, généralement jeunes, activistes ou proches des mouvances anticapitalistes et anarchistes autonomes, quoique on puisse trouver toutes sortes de gens parmi eux – pas mal d’étudiants, de jeunes éduqués, équilibrés et socialisés, idéalistes, ardents et généreux –, ce sont aujourd’hui surtout des travailleurs, des chômeurs, de simples quidams en colère, comme ce très jeune SDF toxicomane de Clermont-Ferrand qui vient d’être condamné à huit mois de prison ferme avec incarcération immédiate pour avoir voulu « défendre ses rues » contre l’agression policière[5].

    Par ailleurs, rien ne sert de vouloir diviser les mouvements de contestation du capitalisme en violents et non violents, ou de vouloir distinguer entre violence légitime et illégitime – par exemple une violence de résistance légitime des zadistes à Notre-Dame-des-Landes (rebaptisée bellement Notre-Dame-des-Luttes) contre une violence d’agression illégitime des émeutiers et « casseurs ». Ce serait absurde, d’autant plus que nombre de personnes passent de l’un à l’autre. Comme l’écrivait George Orwell, qui participa à la Révolution espagnole au sein du Poum, où il a failli laisser sa peau lors de la répression des anarchistes et poumistes par les communistes staliniens, « ce n’est pas entre violence et non-violence que passe la grande différence, mais entre avoir ou ne pas avoir le goût du pouvoir ». Ou comme le déclarait Dom Hélder Câmara[6] : « Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés. La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première. La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la deuxième en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres. Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la deuxième, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. »

    La violence carnavalesque.

    C’est ici que passe la discrimination, et non entre violents et non-violents. La violence des émeutiers est une violence physique symbolique. Il faut le répéter, la violence des casseurs est une violence politique à portée symbolique. L’émeute n’est qu’une expression politique parmi d’autres, une des formes possibles de l’action directe et de la désobéissance civile, plus ou moins efficace et appropriée selon les circonstances, une forme d’action collective inséparable des autres – manifestations, occupations, Zad, etc. – qui s’inscrit dans la vieille tradition de l’émeute populaire mise en lumière par de grands historiens comme Edward Palmer Thompson[7], Eric Hobsbawn[8], Charles Tilly[9], Jean Nicolas[10] et Roger Dupuy[11]. Loin d’être une éruption irrationnelle, l’émeute est une forme antique et légitime de l’expression politique du peuple, surtout lorsque ce dernier voit sa souveraineté confisquée par une élite – qu’elle soit monarchique, aristocratique, ecclésiastique, oligarchique, ploutocratique ou pseudo-démocratique. Emeutes, processions, charivaris, carnavals et chahuts : ce sont ces vénérables coutumes de contestation populaire que nous voyons aujourd’hui renaître dans les manifestations, escarmouches et échauffourées des Gilets Jaunes, émeutiers et autres « casseurs ». Les pillages eux-mêmes ont une dimension symbolique évidente. Bien sûr, ce n’est pas parce qu’une chose a une dimension symbolique qu’elle n’a pas une dimension réelle. Par exemple, n’en déplaise à Jacques Ellul, la violence de Jésus au Temple aussi était réelle – mais limitée, épisodique et même ponctuelle, et avant tout symbolique et même rituelle. Comme la violence des émeutes de type Gilets Jaunes et assimilés, c’est une violence réelle mais limitée, épisodique, ponctuelle, symbolique et même rituelle.

    Le cycle infernal de la répression.

    Mais le niveau de violence peut monter, notamment en réaction aux violences policières très réelles et même mortelles. Si l’assassinat de Carlo Giuliani, militant altermondialiste de 23 ans, d’une balle de 9 millimètres tirée quasiment à bout portant dans la tête par un carabinier le 20 juillet 2001 à Gênes, n’a pas entraîné d’augmentation du taux de violence émeutière envers les forces de l’ordre, il n’en va semble-t-il pas de même du meurtre de Rémi Fraisse, militant écologiste de 21 ans, due à un tir de grenade offensive par les gendarmes mobiles lors de la nuit du 25 au 26 octobre 2014 pendant les manifestations d’opposition au projet de barrage de Sivens. Dans les deux cas, toutes charges ont été abandonnées contre les meurtriers et leurs officiers. Faut-il s’étonner si ces non-lieux provoquent des réactions comme l’incendie d’une voiture de police le 18 mai 2016 en marge des manifestations contre la loi travail, imputé semble-t-il à tort aux jeunes frères Antonin et Angel Bernanos, alors âgés de 22 et 19 ans ? Si Angel a été libéré après 42 jours, Antonin a passé plus de dix mois derrière les barreaux. Dix mois pour rien, sans doute. Faut-il s’étonner également de l’affaire du « poulet grillé » du 1er mai 2017 ? Que peut alors laisser augurer pour l’avenir le déchaînement de violence policière dont une partie non négligeable de la population française a fait les frais pendant des mois, depuis octobre dernier ?

    Ainsi que l’écrivait Georges Sorel dans ses Réflexions sur la violence (1908)[12]Biax Lampe Lampe Lampe Fluocompacte Lampe Fluocompacte Biax Lampe Fluocompacte Fluocompacte Biax Biax Fluocompacte Biax MSqVpUzG, la violence populaire et émeutière s’oppose de manière jubilatoire et défouloire, à travers les forces de l’ordre, à l’ordre de la force, à l’ordre établi, celui des puissants, des riches, des dominants. A cet égard, on relira avec un intérêt renouvelé le récit que fit l’écrivain prolétarien Louis Oury des grandes grèves ouvrières de 1955 à laquelle il prit part comme chaudronnier des chantiers navals de Saint-Nazaire[13] : les prétendues violences des manifestations contemporaines qui ébahissent tant les bourgeois font pâle figure à côté des confrontations autrement plus musclées entre CRS et « métallos » – tragiquement issus de milieux proches comme y a insisté en son temps Pier Paolo Pasolini. C’est ainsi que, comme l’a souligné aussi, à la suite des historiens cités plus haut, le politologue François Dupui-Déri, le peuple s’exprime en tant que plèbe. Quand le ressentiment populaire croise ainsi la colère militante, il ne faut pas s’étonner de la montée des violences émeutières par les temps qui courent.

    Falk van Gaver

     

    [1] https://www.liberation.fr/politiques/2019/02/26/macron-veut-en-finir-avec-la-democratie-de-l-emeute_1711758

    [2] François Dupui-Déri, La peur du peuple. Agoraphobie et agoraphilie politiques, Lux, 2016.

    [3] François Dupui-Déri, Les black blocs. La liberté et l’égalité se manifestent, Lux, 2016.

    [4]Jour Ledvance Modèles Mise À TendanceNouveaux De Vintage QCWEdoexBr Baruch Spinoza, Traité politique, I, § 4.

    [5] https://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand/faits-divers/justice/2019/02/27/condamne-pour-des-jets-de-paves-sur-les-policiers-pendant-l-acte-xv-des-gilets-jaunes-je-defendais-mes-rues_13506422.html#refresh

    [6]À Spots À Spots Brilliant Prix Spots Brilliant Brilliant Avantageux À Prix Avantageux n8kNwOPX0 Surnommé « l’évêque rouge » par les partisans de la dictature militaire brésilienne, il répondit : « Je nourris un pauvre et l’on me dit que je suis un saint. Je demande pourquoi le pauvre n’a pas de quoi se nourrir et l’on me traite de communiste. »

    [7] Edward Palmer Thompson, Les Usages de la coutume. Traditions et résistances populaires en Angleterre (XVIIe-XIXe siècle), EHESS-Gallimard-Seuil, 2015 ; La Guerre des forêts. Luttes sociales dans l’Angleterre du xviiie siècle, La Découverte, 2014 ; La Formation de la classe ouvrière anglaise, Le Seuil, 1988, Points Histoire, 2012.

    [8]Eric Hobsbawn, Les Primitifs de la révolte dans l’Europe moderne, Fayard, 1963, Pluriel, 2012 ; Les Bandits, Maspero, 1972, éditions Zones, 2008 ; Rébellions. La résistance des gens ordinaires, Aden, 2010.

    [9] Charles Tilly, La France conteste. De 1600 à nos jours, Fayard, 1986.

    [10] Jean Nicolas, La rébellion française. Mouvements populaires et conscience sociale (1661-1789), Seuil, 2002, Folio Histoire, 2008.

    [11] Roger Dupuy, La politique du peuple. XVIII°-XX° siècles. Racines, permanences et ambiguïtés du populisme, Albin Michel, 2002.

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    [12] Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Entremonde, 2013.

    [13] Louis Oury, Les Prolos (1973) Agone, 2016.

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    2 Commentaires

    1. Benoît Labre 19 mars 2019 at 2 02 00 03003

      Des révoltes à la révolution ?

      “Ce n’est pas une révolte, sire, c’est une révolution.”

      Et maintenant ? La révolution ?

      Maintenant il faut des armes ?

      Ce serait bien un grand article mettant la situation actuelle en France et ailleurs en regard de perspectives révolutionnaires passées (Révolution française), présentes et à venir…

      Répondre
    2. Thibault Isabel 19 mars 2019 at 10 10 05 03053

      Cher Benoît Labre, les auteurs du site “L’inactuelle” sont à l’écoute de leurs lecteurs, et je suis convaincu que Falk van Gaver saura vous entendre… Lorsque le peuple ordonne, ses serviteurs s’exécutent! Voilà une belle leçon de transparence démocratique. 🙂 Merci à vous pour vos commentaires!

      Répondre

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